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Des vacances sur Shmaulhd'

 

"C'est pas croyable une malchance pareille ! Voilà deux ans que je ne prends pas de vacances et juste quand je me décide à partir... paf ! Que des embrouilles. Comment ? Vous voulez que je vous raconte ? C'est que c'est pas très sympa comme souvenir... C'est même plutôt glauque ! Pardon ? Vous insistez ? Alors si c'est comme ça...

Tout a commencé par un chaud dimanche de printemps, alors que j'étais en plein travaux de jardinage. J'entretenais ma "Cadillaca Florabula". C'est du boulot, je peux vous le dire... pfffff ! Faut la bichonner cette petite plante-là, si on veut qu'elle pousseCadillaca Florabula correctement. Et puis l'arroser, la nourrir, lui parler... C'est que ça prend du temps et que ça demande de gros efforts... Bref, je jardinais et tout à coup je me dis : "Il fait beau, les oiseaux chantent, le soleil brille, les "Cadillaca Florabula" poussent tranquillement... Pourquoi ne pas partir en vacances ?" Ca a été ma première erreur !

Le lundi suivant, après le travail... Ce que je fais comme travail ? Mais enfin, qu'est-ce que ça peut bien vous faire ? Il vaut mieux que je vous le dise ? Vous êtes sûr ? Oui... vous avez l'air. Donc je suis employé dans une manufacture de torts. Comme redresseur. Oui, oui, redresseur de torts. Ca vous étonne ? Vous n'avez pas ça chez vous ? Oh, c'est un ancien métier. Je crois même que je suis le dernier. Je peux continuer mon récit maintenant ? Merci. Donc, en rentrant du travail, je m'arrête devant une agence de voyage. Et là, le déclic ! Une splendide affiche vantant les mérites d'un séjour sur Shmaulhd'-la-Magnifique. Superbe ! Je ne fais ni une ni deux, j'entre et je réserve une place dans la première navette en partance. Ce fût ma deuxième erreur !

Le départ était prévu pour le lendemain. Je me suis précipité chez moi pour faire mes valises et préparer mon séjour. L'avantage avec ces voyages spatiaux, c'est que tout va très vite.

Après un trajet sans histoire, j'ai donc débarqué sur Shmaulhd'. Oulala ! Quelle surprise ! Shmauldh'usCa n'avait plus rien à voir avec l'affiche... Celle-ci montrait une plage de sable fin, des cocotiers, la mer... Le paradis, quoi ! Mais là, ce que j'avais sous les yeux... Une ville sale et lugubre, grise, froide... Et un monde avec ça ! Serrés, serrés, à courir de partout ! Le pire, c'était l'odeur... Et puis il y a les autochtones. Les Shmaulhd'us qu'ils s'appellent. Ils sont gentils, mais un peu étrange au premier abord. Mais bon, on s'y fait, comme pour le reste.

J'ai pris mon courage à deux mains, utilisant les deux autres pour porter mes bagages, et je suis parti à la recherche de mon hôtel. Je l'ai vite trouvé, vous savez. Juste à côté du spatioport. Avec vue sur la décharge publique... J'aurais dû m'en douter dans la navette. J'étais le seul en partance pour Shmaulhd'. Les autres passagers me regardaient d'un air bizarre... Je comprends maintenant !

Enfin, que voulez-vous, j'étais là pour un mois, il fallait bien m'occuper. Pardon ? Prendre le vol de retour immédiatement ? Oui, c'était bien mon intention... "Pas de départ de navettes avant un mois à cause du Pfaalsh" qu'ils m'ont dit au spatioport. Le Pfaalsh ? Oui, oui, j'y viens... Donc, m'occuper. Visiter, rencontrer des gens, se reposer, des trucs de vacances quoi ! Et bien non, pas possible ça. Pour cause de Pfaalsh. C'est comme qui dirait une tempête de sable qui dure un mois et qui recouvre tout. D'ailleurs pour vous montrer, j'ai demandé à un voisin de me prendre en photo pendant le Pfaalsh. Vous voyez le résultat ? Et encore, ce jour là c'était plutôt calme...

Voilà donc mes vacances.

Mais en fait, docteur, si je viens vous voir, c'est parce que depuis que je suis rentré, j'ai un peu mal à la tête... Comment ? Vous allez m'aider... Mais c'est merveilleux ! Que j'essaie cette veste ? Mais bien sûr docteur, avec plaisir ! Les manches sont un peu longues, mais ça va sinon... Pour les manches c'est normal ? C'est pour pouvoir les attacher dans le dos ? Mais ça ne sert à rien d'avoir les manches attachées dans le dos ! Hey ! Vous le grand costaud tout en blanc ! Lâchez-moi ! Mais lâchez-moi ! Au secours ! A moi ! ..."

C'est ainsi que s'est terminée la consultation du bon docteur Sigmund en cette veille de Noël 1897...

 

Esserix

(cliquez pour poursuivre le voyage)

Edition du jeudi 24 juin 1999

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