/ Le Marlou
Guy Bourdin (1928-1991)
Si vous ne connaissez pas encore Guy Bourdin, c'est bien trop tard pour faire partie de celles et ceux qui, émus, ont pu découvrir dans les années soixante-dix et quatre-vingts ses somptueuses images publicitaires dans les pages du Elle de maman ou du Vogue de Grande Soeur.
Pour vous consoler d'être passé à côté de l'Autre photographe de la femme sur papier glacé, en concurrence permanente avec notre cher Helmut (non, nous n'avons pas de parti pris...), vous pourrez découvrir son oeuvre au Nouveau Jeu de Paume à Paris du 24 juin au 19 septembre 2004.
Il faut savoir - mais est-ce encore un secret si bien gardé ? - que cette exposition n'est guère qu'une resucée de l'expo de Londres de l'an dernier et un lot de consolation pour le public averti après ce qui semble avoir été un ratage magistral du ministère de la Culture dans les négociations à rallonge entre Helmut Newton, son épouse June (alias Alice Springs) et l'Etat français pour l'attribution de l'ensemble de ses archives...
En effet, la délégation aux Arts plastiques du ministère, en la personne de Martin Béthenod, son responsable, avait proposé à l'automne 2003 "la donation d'une cinquantaine de tirages concernant son travail de mode à Paris, de format 50 x 60 cm, pouvant être complétés par des grands formats, qui devaient donner lieu à une exposition durant la période inaugurale du nouveau Jeu de Paume." Newton se braqua devant l'accueil un peu frisquet de l'Etat français et décida, vexé sans doute, de donner l'ensemble de son oeuvre à Berlin, où l'on a créé depuis une Fondation spécialement pour lui.
S'agit-il réellement d'un malentendu ? C'est possible. Après tout, Newton n'est pas un artiste français, même s'il y a passé vingt ans. Il est tout de même regrettable que son oeuvre soit si absente des collections nationales. Elle est heureusement bien représentée dans celles de la Ville de Paris (Maison européenne de la photographie).
Pour revenir au sujet de ce Marlou, il faut rappeler que Guy Bourdin est né en 1928 rue Popincourt et a débuté sa carrière à Paris, avant d'être lancé internationalement par les campagnes publicitaires Jourdan à partir de 1965... C'est donc plutôt logique que la période inaugurale du Jeu de Paume rende hommage à cet artiste essentiel pour l'histoire de la photographie de mode et dont les images sont ancrées dans les mémoires collectives. Virtuose de la couleur autant que Newton l'était du N&B, "Guy Bourdin a su adapter sa propre démarche aux contraintes imposées par les règles de la presse de mode et de la publicité."
Autre source d'information sur Guy Bourdin : l'excellent Hors-Série 1 (il y en aura d'autres ?) de Connaissance des Arts, paru en juin dernier. La réputation de qualité des reproductions de cette revue n'est plus à faire...
Une sélection de sites web consacrés à Guy Bourdin
Le web n'est pas en reste, avec une promotion bien orchestrée par un site hagiographique, hélas entièrement en anglais bien que créé par un webmaster parisien. On y déplore seulement que la balance des couleurs, pour certaines images, soit mal équilibrée, avec des dominantes rouges ou bleues un peu surprenantes...
Pour les insatisfaits, un autre site (authentiquement britannique cette fois) propose d'autres images de plus petite taille et d'une qualité correcte, sans plus.
Bien sûr, vous pourrez en savoir davantage en consultant le site du Jeu de Paume qui propose un article de fond sur le travail de l'artiste. Article plus dense que celui proposé par le Victoria and Albert museum de Londres qui a accueilli sensiblement la même exposition en 2003.
Et enfin, allez donc lire cette intéressante synthèse d'un amateur averti.
Juillet 2004 - Carole.