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Pour les délicats, il y avait la Caravelle. Vitraux. Angelots soufflant dans des conques marines. Meubles de haute époque. Armoiries et, au-dessus du lit, une rose des vents pour indiquer le cap du bonheur.
Au port, il restait à prendre le train : le P.L.M. Paris-Lyon-Méditerranée.
La voyageuse était peu farouche. Les inconnus lui plaisaient. Et, vous n'aviez très vite plus aucun doute, elle adorait faire l'amour dans un sleeping. Au-dessus de l'étroite couchette, le mini-éclairage d'un wagon-lit mettait en lumière vos ébats, bercés par le bruit régulier d'un train en marche. Derrière la vitre du compartiment, le paysage - campagne et gares - défilait de toute sa longueur de toile montée sur déroulant. Il avait suffi pour déclencher le double mécanisme d'appuyer à l'entrée sur un bouton.
Les âmes vagabondes pouvaient descendre à la première station où la chambre des foins leur tendait les bras. Au mur, des grands arbres, une petite route départementale, des prés verdoyants à perte de vue. Un moulin à vent qui battait des ailes sur sa colline. Au plafond, un faux grenier débordait de foin. Un dessus-de-lit vert, parsemé de petites marguerites en relief, qu'on aurait dit posé sur une couche de paille dorée.
"Couchés dans le foin avec le soleil pour témoin..." Et puis, au pied du lit, de l'autre côté d'une petite barrière blanche, une brouette attendait que le fermier achève de culbuter la bergère. [...]
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